Une chose est sûr avec ce second opus d'Arcade Fire c'est que la première écoute n'est pas la plus simple. Plus sombre, même glauque et moins accessible que Funeral, la première écoute peut déconcerter. Mais les suivantes n'ont que fortifier de plus en plus mon adoration pour cet album. Aux premiers abords, je regrettais les effusions vocales de Funeral, le son clair mais dense. Mais si on écoute bien ces effusions sont aussi dans Neon Bible, plus sombres, plus poignantes, plus excitantes.
Résultat : c'est un chef d'oeuvre incontestable, plus élaboré que le précédent et plus ensorcelant.
*Black Mirror : elle charme d'entrée, même à la première écoute, ce qui a pu dérouter pour la suite. 1,2,3 dix miroirs noirs ! Le piano y est si envoûtant. Titre idéal pour faire la passerelle entre Funeral et Neon Bible, tout y est. Les effusions me font penser à une marche pour la liberté d'une masse d'inconnus, c'est effrayant, vombrissant, un régal.
*Keep The Car Running : titre qui allie tout le talent d'Arcade Fire, même s'il n'est pas mon préféré ; l'impression d'être en retenu jusqu'à ce que les paroles s'accélèrent « They know my name cause I told it it to them », ceci imagé par les lettres qui se bousculent.
*Neon Bible : mélancolique-romantique-tragique, les âmes les plus sensibles l'apprécieront le plus. Une magnificence où on aimerait s'endormir pour toujours car elle rappelle doucereusement les plus belles berceuses jamais réalisées.
*Intervention: ou comment tomber follement et tragiquement amoureuse d'une chanson ? Tout est parfait dans ce titre, un élan de réussite ! Mon Dieu ! De la douceur, de la douleur, de la joie, de l'espoir, de la volonté, du désespoir, tous les sentiments les plus beaux de l'humanité illustrés dans une unique oeuvre. Les voies qui se marient à merveille, magique ?
De quoi tirer les larmes devant un lac qui s'éteint de sa lumière du jour si si essayez, assis devant le Lac Léman à Ouchy, le regard perdu dans l'eau ou le ciel, on ne sait plus.
*Black Wave / Bad Vibrations : lier l'anglais et le français mieux que n'importe qui. Une voie charmante, claire qui laisse place à un autre mi-violente, mi-douce, accentuée par une batterie plus forte. Des effets tranchants. Waw.
*Ocean of Noise : je n'en suis pas fan entièrement, me rappelle incroyablement un titre de Radiohead ou Björk. Début assez tranquille, douillet, mais à la fin une sélection parfaite d'instruments qui reprennent le thème général en le fortifiant et le magnifiant ! Dommage qu'il faille attendre quatre minutes pour cela et que ça ne dure qu'une minute!
*The Well and the Lighthouse : réussie pareillement que Black Mirror, le résultat des voies est époustoufflant. Une montée en puissance qui finit en douceur!
*(Antichrist Television Blues) : rien d'extraordinaire mais simplement beau.
*Windowsill : cette intro « Don't wan... » à répétition qui monte qui monte, avec ses subtilités à l'arrière, puis ça part avec ces percussions! Mon coeur bat à ce même rythme.
*No Cars Go : après ces 9 titres géniaux, peuvent-ils encore nous charmé ? Putain, oui et pas qu'un peu!No Cars Go retravaillée pour l'album taillade tout sur son passage, et ce live au Rock en Seine, ébourriffant!
*My Body is a Cage : sa beauté musicale apporte tellement de plaisir...on croirait presque ressentir de la douleur...Elle soûle (dans le bon sens du terme), elle envoûte, elle te prend au ventre et t'entraîne vers les cieux, ou vers le fond c'est selon. « My body is... » et le pétage de plomb ordonné retentissant qui t'éventre jusqu'au plus profond de tes entrailles. Elle passe par tes oreilles et touche ton coeur! Six milles idées d'illustrations cinéastes me viennent à l'esprit.
Cet album est une merveille, j'en peux plus, c'est tellement beau!
J'ai même honte de pousser mon coup de gueule par rapport à la version « édition limitée » qui ne comporte que des jeux de papier en plus, pas de vidéo, special track, rien. Mais je n'oserais jamais de ma vie dire dommage...
Par
sisterray.skyblog.com